Ce week-end, Rachida Dati s'est rendue au Maroc, son «deuxième pays», selon l'expression de ses hôtes, pour une visite qui débordait largement des attributions habituelles de son ministère. Invitée à débattre sur «l'accès au droit», dans un amphithéâtre bondé, elle annonce une coopération entre l'université Hassan II et celle d'Aix-en-Provence, ainsi qu'avec l'École nationale de la magistrature en vue de formations diplômantes, qui doivent aider les jeunes Marocains à trouver un emploi.
Rapidement, les questions de l'auditoire fusent. Dans l'avion qui l'a emmenée au petit matin dans la ville d'origine de son père, Rachida Dati a anticipé ses réponses. Elle le sait, les Marocains vont l'interpeller sur la politique d'immigration de la France. «Pendant longtemps, explique-t-elle, l'immigration a été un sujet tabou en France, laissant les partis extrêmes s'emparer du sujet. L'immigration est nécessaire mais il faut la réguler. Lutter contre l'immigration clandestine, c'est lutter contre les réseaux criminels qui exploitent la situation.»
Rachida Dati s'est également préparée à porter un deuxième message : la promotion de l'Union pour la Méditerranée, projet cher à Nicolas Sarkozy auquel les Marocains sont très attentifs. Preuve qu'elle est décidée à s'impliquer, Rachida Dati vient de recruter dans son cabinet un nouveau conseiller diplomatique, spécialiste du monde arabe, ancien ambassadeur du Qatar. Elle a également été reçue pour un long entretien par le premier ministre, Abbas el-Fassi, dans sa somptueuse «primature» édifiée dans l'enceinte du Palais royal à Rabat
Samedi, dans l'après-midi, au cours d'une manifestation réunissant des entreprises françaises implantées au Maroc et des associations s'occupant de jeunes des quartiers défavorisés, Rachida Dati s'emploie à favoriser le recrutement de ces jeunes.

